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OpenWeeks, portrait #2 - Annick Meynaud, dévideuse aux Moulinages de la Galaure

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Dans le cadre de la 3ème semaine des Openweeks, nous sommes partis à la rencontre d’Annick Meynaud, ancienne coiffeuse de profession et malentendante, qui s’est reconvertie dans le textile. Elle occupe depuis 2019 le poste de dévideuse au sein des Moulinages de la Galaure, un travail de préparation du fil et une première étape incontournable dans l'entreprise. Aujourd’hui, elle nous en dit un peu plus sur son parcours atypique.  

  • Comment es-tu tombée dans le textile ?

Après 35 ans dans le milieu de la coiffure, j’ai dû stopper mon activité à cause de ma surdité qui devenait compliquée à gérer avec le côté relationnel du métier. En 2019, j’ai donc choisi de faire une reconversion professionnelle. C’était risqué, car j’avais 53 ans et je ne savais pas comment m’y prendre, mais Pôle Emploi m’a orientée vers la filière textile grâce à une journée découverte. Je voulais continuer à exercer un métier manuel, c’était donc un domaine qui me correspondait bien. 

  • Quel est ton rôle dans l’entreprise ?

J’occupe le poste de dévideuse. Chaque jour, je prends connaissance du programme de la journée et de la matière première sur laquelle je vais travailler.  Mon rôle consiste ensuite à positionner du fil sur des bobines que l’on appelle des roquets, qui sont eux-mêmes installés sur le dévidoire. Lorsque tout est en place, je lance la machine qui enroule le fil. Une fois le processus terminé, je contrôle la bonne mise en place du fil et j’effectue la mise en charriot. 

  • Comment s’est passée ton intégration ?

La première fois que j’ai visité les lieux, je me suis sentie en confiance. Bien sûr, au début, il faut réussir à parler à tout le monde et à s’affirmer. Mais j’ai rapidement été intégrée dans ce nouvel environnement de travail grâce aux formatrices qui m’ont transmis leur savoir-faire. J’ai commencé par le bobinage, je préparais des tubes, des bobines, j’observais. Ensuite je suis passée sur le poste de l’emballage qui consiste à emballer les bobines, à les placer dans les cartons et à les expédier pour le client. Enfin, j’ai été formée au dévidage, mon poste actuel.

  • Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier ?

Ce que j’aime dans mon travail, c’est de pouvoir assister au processus du début à la fin et de contrôler la qualité du dévidage des matières premières. J’apprécie aussi le fait d'être seule à mon poste car il nécessite beaucoup de concentration. Enfin, j’aime bien couper les fils, ça me rappelle un peu mes ciseaux de coiffeuse !

  • Comment gères-tu ton handicap dans tes missions ?

Le fait d’être seule à mon poste me permet d’avoir une complète autonomie. Lorsque je suis en difficulté, ou que j’ai besoin d’une information, j’interpelle mes collègues et nous nous rendons dans une zone de communication moins bruyante pour pouvoir dialoguer.

  • Quel conseil donnerais-tu à une personne en reconversion ou en situation de handicap qui voudrait intégrer la filière textile ?

Je dirais que c’est un métier adapté à tous les profils. Au quotidien, je travaille avec des hommes et des femmes de tout âge. C’est une filière où il y a plein de parcours différents. Pour moi, l’important, c’est d’aimer le toucher, le contact avec le fil et d’être rigoureux.